Mauvaise graine

Tourbillon
Je retrouvai les rives
Que tu peuplais de songes
Au fil de nos mensonges
Aux courbes émotives
Nous rêvions de délices
Dont nous suivions le cours
Tel un ultime recours
A nos désirs complices
Des affusions canailles
Nimbaient impurement
De joyeux ornements
Nos charnelles batailles
D'une source timide
Tu fis jaillir si claires
Les eaux caniculaires
De cascades torrides

Chant nocturne
Dans l'ombre de nos corps sous un rayon de lune
Se jouait le concerto de nos accords sélènes
L'amour soufflait sur nous sa voluptueuse haleine
Envolant nos baillons d'indécence opportune
Nous nous grisions des airs envolés de ces urnes
Pleines de nos désirs que nous entrouvrions
A la faveur des nuits Rêvant que nous avions
Accroché à nos peaux tous les plaisirs nocturnes
Et depuis chaque soir je contemple le ciel
Ecoutant la noirceur me conter la patience
Je guette l'astre blanc qui scellait notre alliance
Pour que montent ces chants aux accents sensoriels

Et si ...
Je rêve d'un jardin peuplé de nos absences
Où fleurirait inconsciemment chaque non-dit
Colorant les instants des douleurs de nos sens
Quand je manque de toi Que dire est interdit
La rose t'avouerait l'amour que je te porte
Murmurerait ces mots tus par mes lèvres closes
Tu entendrais alors que ma bouche t'exhorte
A cueillir les senteurs de mes amantes gloses
Un lierre caressant retiendrait tes départs
Attachant tes ardeurs aux liesses de mon corps
Il emprisonnerait la voluptueuse part
De nos troubles mêlés et de nos doux accords

Indécence ♥
Il tient du bout des doigts des volutes de rêves
Ces souffles de l'éveil à la frange de l'âme
Qui ventent à travers lui pour me rendre si femme
Accrochant à nos cœurs nos refus d'une trêve
Il porte au creux des mains les clés de nos torpeurs
L'indécente impudeur de nos odeurs mêlées
Effluves de désirs qui savent s'envoler
Pour forcer à jamais les serrures des peurs
Il capture nos corps d'un filet sulfureux
Recueillant les trésors de nos peaux rutilantes
Pour offrir à nos sens une alcôve accueillante
Où lors nous nous perdrons à force d'être heureux
Ecoute
Écoute chaque mot que l'attente prononce
Un appel au c'est court pour défier le temps
Pour ne pas en manquer Juste une fois Entends
Hésiter* près de toi les heures qui m'annoncent
Ouvre déjà tes bras pour que je m'y enfonce
Regarde ces désirs qui nous promettent tant
Impatients de * fondre en plaisir haletant
Et riches de porter nos espoirs en quinconce
Je garde tous les grains des syrtes de nos jours
Pour bâtir un château protégeant nos amours
Que les vagues d'ennui ne sauront pas abattre
Le silence s'y tresse à nos corps alliés
Y pulse l'infini Vide est le sablier
Écoute intemporel Écoute mon cœur battre

Effet de saison
Hier je me disais c'est effet de saison
Sans doute l'éclosion de maints bourgeons graciles
Ce sage éveil le doux soleil les floraisons
Les oiseaux et leurs chants poussent à l'oraison
Quiconque s'attendrit d'un battement de cils
Ne faut-il pas toujours tâcher de pardonner
Quelque médiocrité que l'on aurait pu lire
S'arrêter un instant pour prétendre donner
Une excuse à chacun de nous avoir bernés
Dans le poème creux qu'il se permit d'écrire
Ainsi je me disais qu'au printemps tour à tour
Jaillit la moindre fleur et peut pousser la rime
Sans rythme ni raison sans aucun des atours
Qui la font riche et belle au delà du retour
D'une sonorité qui trop souvent l'opprime
Voilà convenez-en le narcisse sorti
Sur le vert du gazon se fait tendre parure
Si sauvage fut-il Alors que semble ortie
Le vers boiteux mal agencé qui pervertit
La poésie entière et la change en torture
Tristolet
Dans le dégout de jours hagards
Se sont égarés les sourires
Griffés de peurs et de hasards
Dans le dégout de jours hagards
Se sont éreintés les égards
Gâchés d'un ultime délire
Dans le dégout de jours hagards
Se sont égarés les sourires

Épidermique
Il n'y a que ta peau pour vêtir nos frissons
Et protéger nos nuits d'un baldaquin charnel
Ta peau comme un soupir à l'effluve éternel
Où bruissent des désirs tendrement polissons
Des paumes de tes mains naissent les doux soupçons
D'un plaisir attentif joliment informel
Il grandit sous tes doigts pour que dès lors se mêlent
Les voix de nos deux corps montant à l'unisson

Dyvin escrimeur
Vous maniez les mots comme d’autres le glaive
Dans cette intimité des combats singuliers
Exemptés de conflits Bretteur particulier
Allant flamberge au vent sans jamais une trêve
Vous touchez silencieux le masque doux d'un rêve
Pour à l’instant suivant un brin plus cavalier
L'estocade porter d'un terme familier
Directement au cœur en une attaque brève
Lors sous votre phrasé qui chaque coup fait mouche
Mon armure se fend à la moindre escarmouche
Quel délicieux assaut que votre jeu charmeur
Dans nos duels verbaux vous êtes passé maître
Vainqueur de maints accords que je ne puis omettre
Les armes je vous rends Mon dyvin escrimeur







