19 août 2009
Lettre morte
Mots aphones et insipides
Se perdent sur la page blanche
Et lentement le vers se vide
Au jeu létal des sons morbides
La phrase alors prend sa revanche
Le texte meurt sans un éclat
Pas une rime ne l'éveille
C'est ainsi que sonne le glas
D'un ouvrage qui trainait là
Au nom des défuntes merveilles
Sur son tombeau cette épitaphe
Reste gravée un peu usée
Ci-gît le poème en carafe
Mouru d' s'êt' ramasseR trop d' baffes
Bouffon T'es mort T'as abusé
08 août 2009
Son éteint
Tu n'entends que des vers dont le cœur est absent
Aux sentiments dictés par des règles métriques
Le texte éructerait des désirs mécaniques
Au rythme suranné de quatrains vieillissants
Et perdrait pied le sens en mots obéissants
Dont tu ne comprends pas la classique musique
Tu n'entends que des vers dont le cœur est absent
Aux sentiments dictés par des règles métriques
Inaudible est pour toi ce chant dont les accents
Martèlent tant l'esprit qu'il monte féérique
Portant vers un plaisir où la raison abdique
Fier de ta liberté caustique et grimaçant
Tu n'entends que des vers dont le cœur est absent
Aux sentiments dictés par des règles métriques
24 juillet 2009
Si ce n'est toi c'est donc ...
Mes mots viennent d'en bas Tu peux baisser les yeux
Mais oui de cette fange où naquit un poème
Que tu nommas premier Quand tu étais bohème
Que tu rêvais encor à des airs mélodieux
Ton élan prometteur frôlait le merveilleux
Tu te plaisais à croire à ce plaisir suprême
Des sons que tu rangeais sans règle et sans problème
Mais tu appris rimas et puis te nommas Dieu
De ton trône présent tu observes le monde
T'enorgueillis bruyant de ta vive faconde
Écrasant supérieur tout humble débutant
Mais de ce piédestal tu ne fais qu'oublier
De respecter celui qui tente de délier
Les phrases que son cœur lui souffle en hésitant
23 juillet 2009
Sous un ciel d'attirance
Nous voulions emprunter des chemins de traverse
Et semer tout du long des graines d'utopie
Qu'elles germent enfin nous offrant un répit
Où fleurirait l'espoir sous d'augustes averses
Nous voulions cultiver les émotions perverses
Et la légèreté des rêves assoupis
Désirions moissonner le plaisir aux épis
Qui lors s'alourdiraient en douces controverses
Nous prîmes les sentiers communs du quotidien
Où chaque instant éclot d'un chiendent béotien
Envahissant les jours d'humaine indifférence
Dans le jardinet clos et secret de nos vies
Tu fis pousser alors la rose des envies
Qui s'épanouit depuis sous un ciel d'attirance
24 juin 2009
Ne pas s'y fier ...
Vous n'y comprendrez rien
Ami de peu de chose abandonné
Parfois à vos rumeurs sans mots
Prisonnier d'un songe attaché
A la prose criant plus qu'écrivant
La douleur et les maux sans foi
Sans loi sanguin
Le vers vous atrophie
Vous comptez l'incertain dans le son
Oublié de vos couleurs d'enfant
De vos cacophonies et pourtant
Vous rêvez un jour
De les allier
Ou alors serait-ce ? ...
Vous n'y comprendrez rien Ami de peu de chose
Abandonné parfois à vos rumeurs sans mots
Prisonnier d'un songe attaché à la prose
Criant plus qu'écrivant la douleur et les maux
Sans foi sans loi sanguin le vers vous atrophie
Vous comptez l'incertain dans le son oublié
De vos couleurs d'enfant de vos cacophonies
Et pourtant vous rêvez un jour de les allier
09 juin 2009
Toi
Existe un monde à part tendrement hasardeux
Un pays gémellaire entre nuage et terre
Dont le ciel est paré de teintes libertaires
Caché Dissimulé pour n'y être que deux
Nul ne saurait troubler l'envie enchanteresse
Où nous savons crier notre complicité
En des mots échangés dans la simplicité
Ou des vers torturés de rimes pécheresses
Dans nos désirs latents souvent tu te faufiles
Et les murs silencieux lentement tu abats
Seul importe le nom que tu portes là-bas
Murmuré dans l'écho de promesses tactiles
30 mai 2009
Permettez
Est aiguisé le mot parfois comme une lame
A trancher dans le vif les opportunités
Affuté au fusil de l'agressivité
Il se veut incisif au tracé du calame
L'un le nomme son arme et cet autre proclame
Que de tout temps il fut un estoc redouté
Ciselé dans l'acier Forgé de probité
En douleur affilé sur la meule de l'âme
Mais toi Pauvre garçon tapant du pied Mais toi
Avec tes petits mots Tes coutelas de bois
Remuant tes maigres bras pour te donner des airs
Contre qui te bats-tu sinon contre tes peurs
De ne pouvoir écrire un texte avec ton cœur
Asséché et meurtri sous les vers des chimères
14 mai 2009
Partage sensuel
Le temps dans un écho semble s'arrêter quand
Un souffle de douceur sur les lèvres se couche
Gémissement du cœur aux abords de la bouche
Recueilli aux désirs d'un partage éloquent
Un long effleurement vient alors augurer
Un moment de délice où dansent les caresses
Au velouté des peaux de suaves promesses
S'écrivent au miroir des accords murmurés
Inhalation de l'autre expiration de soi
Chaque respiration se mue en tendre échange
Où humides serpents les langues se mélangent
Prémices d'un plaisir qui déjà s'aperçoit
La salive devient un savoureux nectar
Où s'attise la soif bien plus que ne s'apaise
Et s'égarent les sens autant que se complaisent
Dans ce troublant baiser voluptueux d'égards
11 mai 2009
Hors des gouffres amers
D'où viennent dites-moi vos phrases de guerrier
Tant me semblent vos mots relater un carnage
Dont vous fûtes témoin ou malheureux otage
Reprenant chaque jour sans la moindre pitié
Toujours autour de vous s'étendent des charniers
Aux miasmes inhumains où volent nécrophages
Des oiseaux sépulcraux Et vous dans ce saccage
Pleurez les vers de sang des hommes humiliés
N'écoutez-vous jamais rimer votre jeunesse
A ces riens attachants dont émergent les liesses
Négligeant pour un temps ces combats éprouvants
Sourirez-vous alors à mon invitation
D'oublier ces horreurs pour avec émotion
Partager le bonheur de nous sentir vivants
03 mai 2009
Fantômes
Lorsque le noir s'allonge apparaissent soudain
Des spectres de silence arrachés aux pensées
Fruits de désillusions et des maux dépassés
Qui hantent le sommeil avec un fier dédain
Dans leurs draps blancs froissés ils s'agitent sans cesse
Pour bruire des éclats et des cris de leurs chaînes
Fantômes de tes nuits qui pour toi se déchaînent
Repassant sur tes peurs comme autant de caresses
Tu écoutes pleurant le tic tic tac des heures
Psalmodiant tes terreurs aux abords de tes rêves
Tu glisses dans l'obscur t'acheminant sans trêve
Vers le matin promis où tu vaincras ces leurres














