11 novembre 2009
A l'attache des années
Le ciel s'était paré d'un vêtement d'automne
Recouvrant le soleil d'un lambeau monotone
Et sur le monument des héros et des morts
Faisait rimer l'instant dans de tristes accords
Le vent saisonnier froid qui balayait la place
Achevait de glacer la musique fallace
Qu'il aurait pu jouer dans les nombreux drapeaux
Battant en haut des mâts tels de vains oripeaux
En légers tourbillons des feuilles orphelines
Voltigeaient sans un bruit colorées et félines
Puis allaient s'allonger défuntes sur le sol
Devenant un linceul dans cet ultime envol
Brusquement une voix déchira le silence
Un nom fut prononcé Tonna Mort pour la France
Et chacun ressentit le climat étouffant
D'un village pleurant l'obit de ses enfants
17 août 2009
Nuit sylvestre
La lune auréolait la cime d'un grand chêne
Qui trônait en ces bois fier et majestueux
Et jusque sur le sol chacun respectueux
Ou discret évitait d'envahir ses achaines
Sous le dais de la nuit l'ancêtre protégeait
Les arbres alentour et montait leur hommage
Dans le long bruissement soufflé par leurs ramages
Emmêlés doucement que le vent propageait
La lune couronnait le monarque des rouvres
En tressant des rayons sur son chef imposant
Elle exigeait de tous que tels des courtisans
Chaque astre dans le ciel humblement se découvre
21 avril 2009
Larmes glacées
Reste le souvenir du sombre de l'hiver
Dans le calme le froid et les rêves ternis
Le glaçon tinte encor sur le rebord du vers
S'attardant un instant sur le whisky fini
Je ne l'aimais que sec et dans un large verre
Tu riais de cela je crois sans ironie
De l'éclat de ton rire en amer fait divers
Ne reste que l'écho mourant d'une agonie
Le hurlement sans fin d'un malheureux trouvère
A glacé le présent dans la monotonie
Continue infini, le silencieux calvaire
Où reste crucifiée une ancienne harmonie
Un jour tu es parti un jour whisky fini
Le glaçon tinte encore au vers des insomnies
15 avril 2009
Maritimes amants
A l'infini les flots résonnent des appels
De ce jour oublié dans ses ultimes heures
Pour combattre la nuit Si lentement se meurt
Le chaud soleil aimant dans les bras de sa belle
En clapotant les eaux caressent le rivage
Désormais déserté La plage abandonnée
S'alanguit dans le soir acceptant de donner
Dans le noir les rondeurs d'un sableux paysage
Elle étincelle alors des reflets de la nacre
De coquillages d'or Se pare d'un collier
De perle au gout de sel restant ainsi liée
A l'amant lumineux qui toujours la consacre
22 mars 2009
Demain
Diaphane elle nageait dans le bain de l'aurore
Nimbée par le halo de plaisirs inconnus
Les teintes cascadaient sur épaules nues
Habillant ses rondeurs d'une grâce ingénue
0ù perlait la lumière en gouttelettes d'or
La lune d'un clin d'œil s'extirpa de son ciel
Emportant avec elle une nuit pâlissante
S'effaçaient les éclats des étoiles amantes
Alors que s'éveillait l'aubade trépidante
Des oiseaux envoutés par son charme sensuel
Lors survint le soleil Il la prit par la main
Essuya lentement les perles de rosée
Qui brillaient sur sa peau D'un long geste posé
Il l'attira à lui Ainsi fut déposée
La riante journée qui conduit à demain
11 mars 2009
 mer
Gourmande aux dents de fer
Du bleu d'un ciel d'hiver
Dune sous tes caresses
Tu grignotes sans cesse
Sur les rochers têtus
Froide tu danses et tu
Redessines la plage
De tes vagues d'orage
A l'heure où le jour fuit
Démontée dans la nuit
Expulses ton mépris
Sur les sables épris
D'huile tu redeviens
Quand entre loup et chien
Tu te drapes des voiles
De ton manteau d'étoiles
06 janvier 2009
Si peu

Alliance neige et froid. Il en fallut si peu pour tout bloquer. Un voile recouvrit le sol, léger, quasi diaphane. De la poussière d'hiver par petite touche. Impressionnisme de saison. Pas assez pour les petits et bien trop pour les grands. La vie ralentit puis s'arrêta quelques heures pour se figer dans le silence. La nuit sentait la fumée à deviner le crépitement du bois dans les cheminées. A rester assis devant l'âtre. Cela sentait le silence. Pour quelques heures.
01 janvier 2009
Et surtout la santé ;-)
Les trente jours qui vont suivre sont propices à la propagation de la gastro (eh oui !), au gaspillage de sel sur les routes (et pourtant à quel prix, non je n'ai pas dit selles ! Mais enfin !), à la réfection de carrosseries plus ou moins tordues, abimées, dégradées, cabossées, rayées, et j'en passe (merci le verglas), aux entorses de chevilles, de genoux (dans l'hémisphère Nord, vive le ski) et entorses au bon goût (d'accord pas besoin d'être en ce mois pour cela), à l'exhumation des fèves mises à l'ama(e)nde (non, si je l'ai je ne rachète pas la galette), à la foire au blanc (hélas pas le tarriquet ou le Saint-Veran), aux achats inutiles sous le fallacieux prétexte que ce sont les soldes, aux bonnes résolutions prises par certains qu'ils seront incapables de suivre (c'est de saison que voulez-vous)... Alors comme on va vous le répéter, vous le seriner, vous le ressasser, vous le redire, vous le rabâcher, vous le radoter, avec plus ou moins de bonne foi ou d'hypocrisie, avec toujours les mêmes mots et les mêmes tournures usés et réutilisés tous les ans à la même période, et bien j'ai décidé cette année de vous souhaiter ... Bon courage pour supporter tout ça .
05 juin 2008
Serait-ce ...
Serait-ce la saison souriant dès l'aurore
Qui tresse à chaque instant de lanières d'or
Les lumineux éclats accrochés à tes yeux
Où brille le présent illuminant nos cieux
Serait-ce chaque mot inventé par nos chœurs
Qui traduit l'émotion de nos accords à cœur
Imprimé sur nos corps et sur nos souvenirs
Sigillant nos pensées du sceau de nos désirs
Serait-ce ces regards dans le reflet des jours
Qui éclairent sans fin chaque nuit et toujours
Deviennent le phare au bout ces chemins
Qui nous voient progresser lendemain dans la main
10 mai 2008
Scène de nuit
Il frappa doucement à la porte-fenêtre
Sombre dans son costume en teinture de nuit
Mais personne n'ouvrit Il tapa donc à l'huis
En redoublant ses coups si pressé de paraître
Nous l'entendîmes lors surpris de sa visite
En cette heure tardive et hâtâmes le pas
Pour vite découvrir qui troublait le repas
Par l'entrebâillement entra le parasite
Une fois parmi nous l'invité fut bruyant
Sans cesse s'agitant bien plus que de raison
Allant ici ou là visitant la maison
Volant plus que marchant et dans l'air tournoyant
Alors ce qui devait arriver arriva
La malheureux finit sur le papier tue mouche
Englué et meurtri regard soudain farouche
Avalant sa fierté et ses ronflants vivats
Emplis de compassion pour cet être fragile
Nombreuses précautions en l'instant furent prises
Pour libérer l'intrus de l'effroyable emprise
S'enfuyant dans la nuit muet et incivil
Mais ce soir ô surprise invité sans carton
Il vient encore frapper au carreau éclairé
Oubliant l'infamie de l'épique soirée
Ce soir Reste dehors Téméraire hanneton










