Attaches de lune
Léger comme un flocon suspendu dans le froid
Accroché fugitif au souffle de l'attente
Tu posas un baiser d'une bouche tentante
Sur le calme feutré de tous mes désarrois
Aérien le désir au bord de ton regard
Musardait sans un mot riche de ces promesses
Dont tu ne disais rien conservant leur richesse
Dans l'écrin rassurant de ton oeil si bavard
Tu volas à l'hiver la douceur de ses glaces
Pour ceindre mes poignets de ces bleus bracelets
J'en aime chaque jour l'invisible reflet
Tendre lien entre nous dont jamais ne me lasse

Message
Les mots sont en suspens au dessus de l'abîme
Des vaines vanités des futiles fureurs
Le vice est revenu sous ses voiles de heurts
Camoufler l'à présent dans un message ultime
Les mots planent verbeux sur un vide bruyant
Si mal orthographiés qu'ils en sont pathétiques
Le sens a déserté les phrases utopiques
D'un réel déformé qui se fait effrayant
Les mots dans un soupir se feront disperser
Corrigés au crayon de la double patience
Les instants s'écriront alors dans l'insouciance
A l'encre de douceur que pour toi j'ai versée

Hélas
Sur le bord de l'amour des pétales de larmes
Irrémédiablement finissent de couler
Plus jamais une main ne viendra s'enrouler
Autour du coeur meurtri rendant alors les armes
Il hurle sa rancoeur de ne pas être libre
Pleure dans chaque cri sa haine de l'instant
Il ne veut qu'être loin pour attraper ce temps
Qu'on lui aurait volé rompant son équilibre
Et il oscille encor accroché à l'enfance
Donnant un coup de pied dans chaque souvenir
Il trace maladroit un étrange avenir
Du trait mal assuré de la jeune imprudence
Les roses du passé très lentement déclosent
Dans un dernier soupir teinté de vains espoirs
Les pétales fanés cachés dans un mouchoir
Narreront ces moments de leur défunte prose

Rumeurs du soir
Dans nos désirs de voir au-delà du réel
Les poèmes des jours s'écrivent sans un bruit
Les mots entrelacés se bousculent à l'huis
De nos cœurs dérangés où nos rêves se mêlent
Nos cris tressés le soir en un chant mélodieux
Emportent les rumeurs des cauchemars passés
Nous donnant au travers des aubes enlacées
Les complices éveils des clartés de nos yeux

Source
J'attrapai tes soupirs entre mes doigts serrés
M'éveillant à chacun d'un coma trop profond
Je faillis perdre pied pour rejoindre le fond
Sans prendre mon élan vers ton ciel éthéré
J'aurais pu me noyer en des eaux hivernales
N'ayant pour respirer qu'un souffle de mémoire
A patauger sans mot dans cette fange noire
Je refusai d'y voir une fin lacrymale
Les berges du passé tenaient notre avenir
Endiguant nos douleurs et nos peines amantes
Tu me tendis ton cœur et ta peau flamboyante
D'un regard échangé tu me fis revenir

Petit matin
La nuit se tord encor étirant ses clartés
Dans de vaines lueurs et des vapeurs sélènes
Écrasant sans un mot les cris de ces arènes
Où trop sombres l'on voit les espoirs déserter
Le matin paraissant ne sera que fureur
Déchiré de couleur et de rêve oublié
Le jour effacera les songes reniés
Rythmant les battements qui agitent le cœur
Il ne te restera que mon corps étendu
Dans l'écho des frissons que tu y fis renaître
Il ne te restera que la volonté d'être
L'unique souvenir entre nos mains tendues
Frissons d'or
La nuit frissonne encor
D'un souvenir tenace
Consumant nos deux corps
Prise dans le décor
De notre face à face
La nuit frissonne encor
Et vibre cet accord
Où le désir s'enchâsse
Consumant nos deux corps
La sagesse s'endort
Éveillant notre audace
La nuit frissonne encor
Un cri s'élève alors
Charnellement salace
Consumant nos deux corps
Le sombre nous enlace
Sous un plaisir vivace
La nuit frissonne encor
Consumant nos deux corps
Demain
L'instant traîne son ennui
Il s'attarde
S'allonge
Dure
Dur
Le temps se fait latent
Longue absence
Laps sans
Inerte
Net
L'instant attend
Le bon moment
En silence
Sans mot
Maux
Demain sera ailleurs
Enchanteur
D'eux
Une main tendue
A corps éperdu
Le reste est donné
Le cœur étonné
Au souffle d'envie
Chante enfin la vie
Serment de regards
Où l'âme s'égare
Douce ritournelle
De joies éternelles
Des cris de désirs
A n'en plus finir
Mots de nos silences
Quand l'amour s'élance
Les yeux dans les yeux
Un fauteuil pour deux
Je me souviens
Je me souviens des soirs rougis élégamment
La nuit se déchirait sous le sang des blessures
Et je n'aimais finalement que la morsure
Des dents blêmes du froid sur la peau des amants
Je jouais sur des mots psalmodiés par le corps
Attachée au poteau de phrases sibyllines
Que me dictait sa main pour qu'alors j'imagine
Être ce parchemin où s'écrirait mon sort
La lune apparaissait sous de blanches rondeurs
Illuminant l'instant d'une charnelle ivresse
Je me souviens du sceau grisant de la tendresse
Qui rayait de plaisir les carmines ardeurs
Le matin se levait jamais il n'était mien
Et s'effaçaient les maux gravés dans la brûlure
Où sombrait la raison avec désinvolture
Il fait si noir loin de ses yeux Je me souviens







