06 novembre 2009
Au bleu d'un hasard
Moi qui gémissais
Jamais je ne sais
Ce que veut la vie
Quand elle me surprend
Soudain recouvrant
La nuit au lavis
Quand l'ennui se teinte
Des couleurs défuntes
De mes espérances
Quand se font liquides
Mes yeux insipides
Dans l'indifférence
Surgit ton regard
Au bleu d'un hasard
Sur mes insomnies
Au fur à mesure
Rendant moins obscures
Mes pensées ternies
Ta douceur depuis
Chaque instant séduit
Et ta main écrit
A l'encre sincère
Sur papier de chair
L'ardeur de mes cris
25 août 2009
Do grenovelles
J'écoutais le concert joué par les grenouilles
Sans les apercevoir tant la nuit semblait sombre
Pourtant il confessait qu'elles étaient en nombre
Sous l'abri rassurant des immenses quenouilles
Spectateur assidu chaque frêne têtard
Déployait ses longs bras pressé d'encourager
Ce que l'orchestre agile avait à partager
Avant l'aube nouvelle et qu'il ne soit trop tard
Si vous passez ici que la lune apparait
Au bord d'un chemin d'eau restez donc vous asseoir
Laissez-vous envahir par la douceur du soir
Écoutez la rumeur vous conter le marais
21 juillet 2009
Parfum des heures
Il est ainsi des soirs où le parfum des heures
Nimbe d'un doux halo le calme de la nuit
Où le corps fatigué se cache dans ce leurre
Qu'est l'incessant rappel des souvenirs enfuis
Au jeu de la mémoire apparait l'illusion
D'un passé trop présent regorgeant de fantômes
Unissant leurs desseins dans une collusion
A tacher l'avenir de sombres ecchymoses
D'un clignement des yeux les images s'effacent
S'enfuit l'obscurité S'envole la douleur
Entre tes bras serrés nos songes s'entrelacent
Quand bat notre futur au rythme de ton cœur
21 juin 2009
Tes mots
Les mots se sont posés
Légers comme des soupirs
Aux cils de tes sourires
Des larmes de douceur
Étincelantes
D'un clignement de lèvres
Tu m'as emportée sans bruit
Dans ce silence aimé
Des froissements de peur
Où frissonne le cœur
Tu portais le linceul
De nos rêves perdus
A bout de bras fragiles
De n'avoir pas osé
Les protéger
Tu murmurais la nuit
De tes regards bavards
Récrivant l'insomnie
A la mémoire du corps
Abandonné
Tes mots se sont posés
Sur chaque souvenir
Que nous devons construire
Tes mots se sont posés
Légers
Sur nos soupirs
17 juin 2009
Un soir
Le jour s'éteint dans le silence
Tenu serré entre nos mains
Et nos plaisirs soudain s'élancent
Aux cœurs croisés de nos chemins
Brune lune frissonne d'or
Pour iriser chaque soupir
Brume de nuit où l'aube dort
Sous le drapé de nos désirs
02 juin 2009
Rencontre
C'était le temps
Des insomnies
Quand le jour tend
Ses bras jaunis
A la nuit vide
Lâche et turpide
Les mots froissaient
Les longs silences
Où s'enfonçaient
Nos existences
Bruissant d'espoir
Dans les miroirs
De nos regards
Longtemps perdus
Dans les hasards
Des mains tendues
Quêtes jumelles
De nos cœurs frêles
Mais tu retins
La longue phrase
De nos matins
Pour que s'embrasent
Nos corps brûlants
Et nos élans
Ce fut le temps
Des insomnies
Quand le jour tend
Ses bras bénis
A la nuit pleine
Tendre et obscène
01 juin 2009
Tristesse monochrome
Devant ses yeux mi-clos le monde n'est que blanc
Ou noir sans concession A-t-il posé un filtre
Effaçant les couleurs dans quelque faux-semblant
Dessiné au fusain Serait-ce effrayé qu'il
Tremble dans les reflets de coloris troublants
Le velouté bleuté jailli des eaux profondes
Se perd dans la pâleur de son cœur incolore
Ce désert monochrome où son corps vagabonde
Il ne voit pas le rose égoutté de l'aurore
Lorsque la douceur nait de la nuit moribonde
Il ignore l'éclat chatoyant de chaque heure
Quand le temps se consume au brasier des envies
Et souffre dans les maux décolorés des heurts
Livide prisonnier du sombre de sa vie
Il rêve ton sur ton de touches de bonheur
31 mai 2009
Dans l'oeuvre du silence
Rien n'a vraiment changé Toujours les mêmes murs
Aux cadres sans valeur et aux photos pas chères
Les livres à foison couvrant les étagères
Les bibelots partout et les rideaux obscurs
La cheminée éteinte achève de répandre
L'odeur des anciens feux sur le grand lit défait
Dans le coin de la pièce et recouvert d'effets
Il trône abandonné dans ses teintes de cendres
Il fait si frais malgré la chaleur au dehors
Pénètre le soleil par la fenêtre ouverte
Et sur le vieux lino la lumière disserte
Écrit cette journée avec des rayons d'or
Elle peint le tableau de ta douce présence
Assis auprès de moi coloré des frissons
De nos accords à corps tendrement polissons
Se fondent nos émois dans l'œuvre du silence
28 mai 2009
A demi-mots
Les mots sont camouflages
Ce qu'ils donnent à lire
N'est que l'image floue
De ce qu'ils t'avouent
Qui saura
Les confidences de nuit
Quand sous le voile sombre
S'allument les étoiles
Dans le ciel de tes yeux
Qui saura
Les secrets de nos peaux
Murmurés en silence
Du bout des doigts
En longs frémissements
Qui saura
Le mystère des gestes
Quand ils s'offrent en double
Reflets dans la psyché
D'identiques désirs
Qui saura
Ce que cachent mes vers
Quand ils riment à ta voix
Si ce n'est toi
Et si ce n'est
Celui qui se souvient
D'avoir aimer
08 mai 2009
Laisse ta voix
Laisse ta voix
Dormir au fond de toi.
Au sel de sa peau
Que tu liras en braille
Tu saisiras les mots
Avant qu'elle ne s'en aille
Les phrases de passion
Exsudant de ses pores
Ses tendres liaisons
Ses folles métaphores
Laisse tes yeux
S'éclairer à ses feux
De la pulpe des doigts
Dansant sur ses marées
Alors tu cueilleras
Les fleurs de ses pensées
Et l'oreille attentive
Enfin tu comprendras
A sa douceur chétive
Qu'elle n'attendait que toi











