14 mai 2008
Mots roses
13 mai 2008
Robe de pourpre
10 mai 2008
Scène de nuit
Il frappa doucement à la porte-fenêtre
Sombre dans son costume en teinture de nuit
Mais personne n'ouvrit Il tapa donc à l'huis
En redoublant ses coups si pressé de paraître
Nous l'entendîmes lors surpris de sa visite
En cette heure tardive et hâtâmes le pas
Pour vite découvrir qui troublait le repas
Par l'entrebâillement entra le parasite
Une fois parmi nous l'invité fut bruyant
Sans cesse s'agitant bien plus que de raison
Allant ici ou là visitant la maison
Volant plus que marchant et dans l'air tournoyant
Alors ce qui devait arriver arriva
La malheureux finit sur le papier tue mouche
Englué et meurtri regard soudain farouche
Avalant sa fierté et ses ronflants vivats
Emplis de compassion pour cet être fragile
Nombreuses précautions en l'instant furent prises
Pour libérer l'intrus de l'effroyable emprise
S'enfuyant dans la nuit muet et incivil
Mais ce soir ô surprise invité sans carton
Il vient encore frapper au carreau éclairé
Oubliant l'infamie de l'épique soirée
Ce soir Reste dehors Téméraire hanneton
06 mai 2008
A ce bois vert ...
La lente varlope du temps
Laisse des copeaux souvenirs
Entortillés sur l'avenir
Et sur notre présent butant
Si elle polit sans relâche
Les planches brutes de l'envie
Jamais sa sciure sur nos vies
Ne parviendra à faire un cache
Sous le vent de notre confiance
S'envoleront les ébarbures
Nous offrant le doux clair-obscur
Où les tendresses se fiancent
02 mai 2008
Des lits d'initiés
Je suis assise au bord de ce grand lit qui vit
Les joyaux des envies de nos plaisirs les ors
Quand ensemble nos corps reposaient assouvis
Il est resté ouvert devenant le décor
Où se jouera encore cette pièce en vers
Y rimeront pervers nos délicieux accords
Les draps y sont froissés conservant de nos chairs
L’empreinte passagère alors que nos pensées
Lançaient déjà pressées de nouvelles enchères
Peau à peau nous tracions des courbes insensées
Qui dessinaient osées d’étranges positions
En fresques de passion et de désirs tressés
Allongée sur ce lit où lors nous nous aimions
Je cherche nos unions et l’écho de tes cris
Répondant sans un bruit à toutes tes questions
25 avril 2008
Equilibriste
Funambules des nuits encordées à nos chairs
Nous balançons légers dans nos souffles amants
Et chacun de nos pas sur nos cordes si claires
Nous lie dans des désirs nous berçant doucement
Debout loin devant moi tenant la tendre élingue
Vous l’étendez tentant sous mes pieds hésitants
Et dans votre regard si ardent je distingue
Cette témérité vers laquelle je tends
Vous nouez nos envies de vos mots acrobates
Jonglant habilement avec mon impatience
Virtuose attentionné qui sans la moindre hâte
Tissez en jeu de corps nos troubles en confiance
21 avril 2008
Ah! J'ai un chat dans la gorge.
Un rat à l'opéra
Chanta la Traviata
Il accrocha les « la »
Mais n'en resta pas là
Le piano s'étouffa
Et abima les « fa »
La guitare cassa
Sur un air de salsa
Le tuba expira
Dans un dernier hourra
L'ocarina rêva
D'une bossa nova
L'accordéon à plat
Souffla un couac d'éclat
Alors le chat sauta
Dans la gorge du rat
Et voilà !
16 avril 2008
Derrière la porte
Après l’agitation il y eut le silence
Le souffle suspendu à nos bouches muettes
Les rumeurs de la ville et leur froide insolence
S’étaient tus Le désir seul criait dans nos têtes
Le monde s’arrêtait à la porte fermée
Dont la poignée s’ornait d’un « Ne pas déranger »
L’univers était là dans nos bras enfermé
Et ailleurs nous était simplement étranger
Le temps n’existait plus dans cette parenthèse
Figé aux battements de nos cœurs en accords
Il n’y eut plus que toi et tes regards de braise
Il n’y eut plus que moi et le feu de nos corps
Face à face somptueux de nos deux nudités
Où la peau embrasée vers la paume se tend
Nos yeux bavards hurlaient dans cette intimité
La brûlante césure où le plaisir attend
13 avril 2008
Sur la place
Le temps vira au noir sur les passants pressés
Et envoya bientôt des postillons timides
Traçant sur les pavés maintes rondeurs humides
Où ricochaient l'ennui et le soleil blessé
La porte je poussai d'un bar se trouvant là
Non qu'il fut attirant mais il était l'abri
Qu'il me fallait alors y préférant les cris
Des clients trop bruyants au pluvieux blabla
Garçon un grand café sous un peu de lait froid
J'attendis patiemment observant alentour
La faune colorée qui s'agitait toujours
Ou cherchait à emplir de bruit l'endroit étroit
Le café arriva enfin pourrais-je dire
Et je pris le cahier de papier quadrillé
Enfoui au fond du sac et tentai d'aligner
Deux trois mots cohérents à mon soucis d'écrire
L'air sentait la sueur et la mauvaise bière
Monologues perdus à l'odeur aigrelette
Qui refaisaient le monde ou puante tempête
Violente et avinée de phrases outrancières
Une glace passa et un ballon de vin
Papa et son fiston partageaient un instant
Mais les clairs yeux de l'un hurlaient ses je t'attends
A l'autre qui sifflait le blanc poison divin
Accoudé au comptoir un vieillard solitaire
Racontait à sa choppe une histoire sordide
Les ruines de sa vie et sa chute morbide
Qu'il noyait chaque jour dans de l'oubli au verre
Et la femme là-bas perdue dans son pastis
En plein après-midi semblait se refléter
Dans le liquide blanc le regard injecté
Par le sang de son vice aux arômes d'anis
L'air sentait la misère et le mauvais alcool
Que le garçon patient servait à ses clients
Ne pensant qu'au moment où il irait souriant
Retrouver un ailleurs sans mousse et sans faux col
Je fermai le cahier préférant déserter
Et payai sans un mot pour aller respirer
Loin du charivari qui m'avait inspiré
Les fumées mentholées au goût de liberté
10 avril 2008
Drôle de K
Le kangourou Kiki,
En kimono kaki,
Aimait le karaté
Et le karaoké.
Le koala Koker,
En kilt et képi vert,
Préférait le kayak
Et jouer du rock kanak.
Mais s'il fallait manger
Au kiosque du quartier,
Ils partageaient ravis
Kumquats krill et kiwis.












